Associations, collectivités territoriales, entreprises, comités d'entreprises, comités des œuvres sociales...

L’Education populaire

L’éducation populaire est apparue et s’est développée dans le contexte de construction sociale, au sortir de la guerre 39-45. Nous étions alors en pleine croissance économique, et il s’agissait d’inventer les conditions de l’épanouissement des personnes en tant qu’individu et en tant que groupe par l’accès à la culture, à la pratique sportive, etc.. L’autonomisation et le partage de nouveaux savoirs devenaient la condition de réalisation de soi. L’éducation populaire donnait les moyens d’exprimer sa citoyenneté, de faire vivre la démocratie, dans une logique d’éducation par l’action, le projet : le développement culturel comme condition de la citoyenneté et de la démocratie, comme l’évoque Jean-Pierre Boutinet.

Au fil du temps, l’état s’est désengagé et les compétences éducatives et culturelles devinrent le lot des collectivités territoriales. La réduction des moyens économiques et l’évolution sociétale de la population ont fait émerger de nouvelles pratiques et de nouveaux modes d’action pour les acteurs de l’éducation populaire. Certains se sont tournés vers une logique de service, d’autres vers un repli dans l’action locale comme conséquence du partenariat quasi-exclusif avec les collectivités locales. Malgré cela, l’éducation populaire a su garder l’originalité de son projet, à la fois politique, social et culturel. Elle est aujourd’hui également riche de l’hétérogénéité de ses publics et de la diversité de ses initiatives. A l’heure actuelle, les nouvelles formes d’engagement des citoyens et les enjeux cruciaux que posent la dégradation de l’environnement, le creusement des inégalités sociales et culturelles, la mondialisation interrogent les projets et les pratiques des acteurs de l’éducation populaire.

Le développement durable

Les premières alertes sur les dangers d'une croissance économique ont été données dans les travaux du Club de Rome, au début des années 70. Le concept d’  « écodéveloppement », puis de développement durable, émerge progressivement, porté par les grandes conférences internationales (Stockholm, Rio, Johannesburg). A ce sujet, il est important de noter les travaux réalisés par G. Pineau, D.Bachelart, D. Cottereau et A. Moneyron sur le concept émergeant d’ « écoformation ». En réponse aux risques d’exclusion sociale croissante et de détérioration de nos espaces de vie et de l’environnement, ils nous proposent, notamment, la modification des comportements (des modes de production et de consommation). Il s’agit d’assurer la survie de la planète et de ses habitants, par la déconstruction de modes d’organisation et la création de nouveaux fonctionnements, la concertation et la gouvernance avec tous les acteurs de la société. Le « rôle des acteurs » cher à Pierre Caspar et André Moisan dans la sociologie des organisations

L’exercice de la citoyenneté, la participation active des citoyens deviennent la condition de la mise en œuvre du développement durable, d’un « mieux vivre ensemble ». Cela nécessite un « renforcement des capacités » de la société civile, par l’appropriation des enjeux locaux et globaux du développement durable, des modes et leviers d’action possibles et des modalités de la citoyenneté dans l’action.

L’apparition, très controversée, du concept de compétence est venu bouleverser la pensée des acteurs sociaux dans un premier temps et puis dans un deuxième temps -du fait d’une réappropriation capitaliste - complexifiée les axes des développements personnels. C’est pourquoi ne nous faut-il pas en revenir à une base claire de la notion compétence qui pourrait se définir par le savoir mis en action et de reprendre le travail de Jacques Legroux qui nous précise que toutes informations deviendra connaissances par la mise en action du (des) savoirs ?

2010 : L’année de lutte contre la pauvreté

2010 a été déclarée : « année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale » par la communauté européenne.

« La lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale est l’un des principaux objectifs de l’Union européenne et notre approche commune constitue un instrument important qui permet d’offrir une orientation et une aide aux États membres », a déclaré Vladimír Špidla, commissaire européen aux affaires sociales. « L’année européenne permettra d’aller encore plus loin en sensibilisant les citoyens au fait que la pauvreté est un fléau qui affecte encore la vie quotidienne de nombreux Européens. »

Le sens de cette année européenne 2010 n’est-il pas d’interpeller tous les citoyens de l’Union et tous les acteurs publics, sociaux et économiques concernés à :

  • Reconnaître le droit des personnes en situation de pauvreté et d’exclusion sociale à vivre dans la dignité et à prendre une part active à la société ?
  • Accroître l’adhésion du public aux politiques d’inclusion sociale, en soulignant la responsabilité de chacun dans la lutte contre la pauvreté et la marginalisation ?
  • Promouvoir une plus grande cohésion dans la société et faire en sorte que nul ne doute des avantages que comporte, pour tous les citoyens, une société sans pauvreté ?
  • Encourager l’engagement de l’ensemble des parties prenantes car toute avancée véritable nécessite des efforts durables à tous les niveaux de gouvernance ?

 

Une personne sur trois vit dans la pauvreté, voire en situation d’extrême pauvreté pour une personne sur dix.

Une partie de la population est confrontée à l’exclusion et au dénuement, ce qui se traduit  par un accès limité aux services de base. Enfin, la pauvreté menace 19 % des enfants de l’Union.

La solidarité est une valeur clef. Les modèles de société et de bien-être n’ont-ils pas pour objectif de permettre à chacun de participer au progrès économique et social, pour en profiter et y contribuer ?